Urgence plomberie : les bons gestes en attendant l’artisan


Une fuite qui s’emballe sous l’évier, un WC qui déborde un dimanche midi, une chaudière qui s’arrête en plein mois de janvier : les ennuis de plomberie ont le chic pour arriver au pire moment. Entre l’instant où le problème survient et celui où un artisan pousse votre porte, il s’écoule toujours un délai. Ce que vous faites pendant ce délai change souvent l’ampleur de la facture.

Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, quelques gestes simples suffisent à contenir les dégâts. Aucun outil, aucune compétence technique. Juste savoir quoi couper, et dans quel ordre.

Le réflexe qui vaut tous les autres : savoir où couper

Le meilleur moment pour repérer vos organes de coupure, c’est maintenant — pas avec de l’eau jusqu’aux chevilles. Prenez dix minutes ce week-end et localisez ces trois points :

Le robinet d’arrêt général d’eau. Dans un appartement, il se trouve le plus souvent sous l’évier de la cuisine, dans un placard technique ou près de l’entrée. Dans une maison, cherchez du côté du compteur : garage, cellier, ou regard enterré près du portail. Manœuvrez-le une fois pour vérifier qu’il n’est pas grippé — un robinet qu’on n’a pas touché depuis quinze ans refuse parfois de tourner le jour où on en a besoin.

Le robinet de gaz. Généralement à proximité immédiate du compteur ou de la chaudière. Un quart de tour suffit à le fermer.

Le disjoncteur général. Dans le tableau électrique. Utile si l’eau s’approche d’une prise ou d’un appareil.

Une photo de chacun sur votre téléphone, et vous ne les chercherez plus jamais.

1. Fuite d’eau : coupez d’abord, réfléchissez ensuite

Face à une fuite, l’ordre des opérations est toujours le même.

Coupez l’arrivée d’eau. Si la fuite est localisée sous un lavabo ou derrière un WC, un robinet d’arrêt individuel se trouve souvent juste à côté. Sinon, allez au robinet général. En cas de doute, coupez au général : vous perdez l’eau pendant une heure, c’est tout.

Coupez l’électricité si l’eau s’en approche. Une fuite au plafond, une prise murale en dessous, et le risque change de nature.

Épongez et contenez. Serpillières, bassines, serviettes. Le but n’est pas de faire le ménage mais d’empêcher l’eau de gagner les pièces voisines ou l’étage inférieur.

Photographiez avant de nettoyer. Vos photos serviront à votre assurance, et elles m’aideront à comprendre ce qui s’est passé avant même d’arriver.

Prévenez les voisins du dessous si vous êtes en appartement. Ils découvriront le problème tôt ou tard ; autant que ce soit par vous.

2. Canalisation bouchée : n’aggravez pas la situation

C’est ici qu’on fait le plus de dégâts en voulant bien faire.

N’utilisez pas de déboucheur chimique. Les produits du commerce attaquent les joints et les canalisations en PVC, et s’ils ne débouchent pas, ils stagnent dans le conduit. L’artisan qui intervient ensuite se retrouve à démonter un siphon rempli de soude caustique — c’est dangereux pour lui, et ça se répercute sur l’intervention.

Arrêtez de tirer la chasse ou de faire couler. Chaque litre supplémentaire rapproche du débordement.

Essayez la ventouse, correctement : bouchez le trop-plein du lavabo ou de l’évier avec un chiffon humide, sinon vous pompez de l’air et rien d’autre.

Pour un évier de cuisine, le siphon sous le meuble se dévisse à la main. Placez une bassine dessous, ouvrez, videz. Neuf bouchons de cuisine sur dix sont là.

Si plusieurs évacuations refoulent en même temps — évier, douche et WC —, arrêtez tout. Le bouchon n’est plus dans un siphon mais dans la canalisation principale, et ça se traite avec du matériel adapté.

3. Chaudière en panne : trois vérifications avant d’appeler

Avant de faire déplacer quelqu’un, ces trois points résolvent une bonne partie des arrêts de chaudière.

La pression. Regardez le manomètre : l’aiguille doit se situer entre 1 et 1,5 bar à froid. En dessous, la chaudière se met en sécurité. Le robinet de remplissage permet de réajouter de l’eau doucement jusqu’à revenir dans la plage.

Le code d’erreur. Notez-le, ou photographiez l’écran. C’est l’information la plus utile que vous puissiez me transmettre au téléphone : elle oriente souvent le diagnostic avant même le déplacement.

Le bouton de réarmement. Un appui suffit. Si la chaudière se remet en sécurité juste après, n’insistez pas — réarmer en boucle ne règle rien et peut aggraver la panne.

En attendant, protégez-vous du froid : fermez les volets, calfeutrez, regroupez-vous dans une seule pièce. Et si la période est très froide, purgez les points d’eau extérieurs pour éviter le gel.

4. Dégât des eaux : prévenez votre assurance rapidement

Dès que l’eau a causé des dommages — parquet, cloison, plafond, mobilier —, votre contrat d’assurance habitation entre en jeu.

Le délai de déclaration est généralement de cinq jours ouvrés à compter de la constatation. Vérifiez le vôtre, il figure dans vos conditions générales.

Constituez votre dossier au fur et à mesure : photos datées, factures des biens abîmés, et le devis ou la facture de réparation. Si un voisin est concerné, un constat amiable dégât des eaux se remplit à deux et accélère beaucoup le traitement.

Un conseil : ne jetez rien avant le passage éventuel de l’expert.

5. Odeur de gaz : ce n’est pas moi qu’il faut appeler

C’est la seule situation de cette liste qui met en jeu autre chose que votre portefeuille. Elle ne relève ni de moi ni d’aucun plombier : elle relève du service d’urgence de GRDF, qui dispose d’équipes dédiées jour et nuit.

Voici la procédure officielle, dans l’ordre :

  1. Ouvrez les fenêtres pour ventiler.
  2. Fermez le robinet d’arrivée de gaz si vous pouvez le faire sans risque.
  3. Ne touchez à rien d’électrique : ni interrupteur, ni volet roulant, ni téléphone. Une étincelle suffit.
  4. Pas de flamme. Jamais de briquet ni d’allumette pour chercher la fuite.
  5. Sortez du logement, et prévenez vos voisins.

Une fois dehors, appelez le numéro vert Urgence Sécurité Gaz : 0 800 47 33 33. Il est gratuit, joignable en permanence, et identique partout en France quel que soit votre fournisseur. Attendez le technicien devant chez vous.

En cas de départ de feu, d’explosion, ou si quelqu’un présente des maux de tête ou des nausées, appelez d’abord les pompiers au 18 ou le 112.

Une fois la situation sécurisée par GRDF, je peux intervenir sur la réparation de l’installation.

Ce que vous pouvez préparer avant mon arrivée

Quelques minutes de préparation font gagner beaucoup de temps sur place :

  • Dégagez l’accès au compteur, à la chaudière ou au meuble sous évier.
  • Rassemblez les documents : facture d’installation, carnet d’entretien de la chaudière, contrat d’assurance.
  • Notez ce qui s’est passé : depuis quand, à quelle fréquence, dans quelles circonstances. Un « ça fuit quand on utilise la machine à laver » vaut une demi-heure de recherche.
  • Prévoyez le stationnement si vous êtes dans un bourg où c’est compliqué.

Me joindre

Je suis plombier-chauffagiste à Loupes et j’interviens dans un rayon de 25 kilomètres, soit Créon, Sadirac, Carignan-de-Bordeaux, Pompignac, Fargues-Saint-Hilaire, Lignan-de-Bordeaux, Targon et les communes alentour.

06 28 42 29 35 — du lundi au vendredi de 9h à 18h, le samedi de 9h à 12h.

Vous pouvez aussi passer par le formulaire de contact, en cochant « Dépannage ». Décrivez la situation le plus précisément possible : ça me permet souvent d’apporter la bonne pièce du premier coup.

En dehors de ces horaires, appliquez les gestes ci-dessus — ils tiennent la situation jusqu’au lendemain dans presque tous les cas. Pour une fuite de gaz, composez le 0 800 47 33 33. Pour un sinistre qui menace les personnes ou le bâtiment, le 18 ou le 112.

À retenir

SituationLe geste immédiat
Fuite d’eauCouper l’arrivée d’eau, puis l’électricité si nécessaire
Canalisation bouchéeNe plus faire couler, ne rien verser de chimique
Chaudière arrêtéeVérifier la pression, noter le code d’erreur
Dégât des eauxPhotographier, déclarer sous cinq jours ouvrés
Odeur de gazVentiler, sortir, appeler le 0 800 47 33 33

Et le geste qui compte le plus, celui que vous pouvez faire dès aujourd’hui : allez repérer votre robinet d’arrêt général. Le jour où vous en aurez besoin, vous n’aurez pas le temps de le chercher.

Photo Marcus
Marc Vuilleumier
Plombier-Chauffagiste — Entre-Deux-Mers
Maitre Artisan qualifié basé à Loupes, j'accompagne mes clients dans tous leurs projets de plomberie, chauffage et installation de poêles depuis 1992.
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